1,2,3, Furets
Protection animale

21 novembre 2013, par S De Carvalho

Allergique à votre furet ? Des conseils pour éviter l’abandon

Contrairement aux idées reçues, vous n’avez pas systématiquement à vous débarrasser de votre furet si vous y êtes allergique ! Après test chez un allergologue pour prouver qu’il s’agit bien d’une allergie au furet, bien sûr. Ces conseils valent pour tous vos compagnons à quatre pattes et à poils/salive allergènes.1

C’est une bonne nouvelle ! Vous pouvez garder votre compagnon ! 🙂

Bien que de plus en plus de gens découvrent les joies et avantages de détenir un concentré d’amour à fourrure, certains d’entre eux risquent de déclencher une allergie. Et cette douce relation avec votre fufu (ou votre chien, chat, lapin, cochon d’inde, etc.) peut se transformer en un marathon médical dont votre animal est involontairement la cause.

Les causes et symptômes de l’allergie

L’allergie, quelle qu’elle soit, est une réaction excessive et inattendue du système immunitaire à un élément de l’environnement immédiat de la personne touchée. Concernant l’allergie aux animaux, elle peut se manifester par des crises d’urticaire, d’asthme, ou des rhinites. Tout contact avec votre animal peut alors déclencher des éternuements, le nez bouché, ou des plaques rouges type eczéma ou urticaire.2

allergene

Les causes

Les allergènes les plus rencontrés chez le furet, comme chez tout autre animal sont :

Tous les animaux sont susceptibles de devenir allergènes, même si les chats remportent la palme en la matière. Il semblerait d’ailleurs que les personnes allergiques aux poils de chat le soient aussi aux furets. Mais cela reste à vérifier. Concernant les furets, on pense que c’est surtout le sébum, l’urine et la salive qui sont en cause. Mais on n’a pas encore vraiment d’étude sur le sujet à l’heure où nous écrivons ces lignes. Et pas encore de test spécifique non plus.3

Il semblerait par contre que les épisodes allergiques se multiplient lors des périodes de rut ou de mue. Dans certains cas, stériliser l’animal peut arranger les choses.

Et les enfants ?

Une autre bonne nouvelle, c’est qu’une étude américaine aurait démontré que « Les enfants élevés en présence de deux ou plus animaux domestiques avaient deux fois moins de risque de développer des allergies communes. »4 Donc, à moins que votre enfant ne soit vraiment très asthmatique, vérifiez bien s’il est allergique au furet chez un spécialiste et dormez sur vos deux oreilles.

Le diagnostic

Une fois le diagnostic établi, votre médecin vous conseillera peut-être de vous séparer de votre animal. Le ferez-vous de gaieté de coeur ? Bien sûr que non. Est-ce absolument nécessaire ? ABSOLUMENT PAS. Et pour une raison très simple : gardez à l’esprit que la plupart des personnes allergiques ne déclenchent des réactions qu’avec une accumulation d’allergènes.

C’est ce qu’on appelle l’allergie croisée. Si vous êtes allergique à votre furet, peut-être l’êtes-vous aussi à la poussière, aux acariens, à certains pollens, à la pollution atmosphérique ou à la bêtise humaine… Votre fufu ne serait que la goutte d’eau qui provoquerait le raz-de-marée. Autrement dit, si vous réussissez à éliminer d’autres allergènes potentiels, vous n’aurez pas à abandonner votre animal.

Et encore autrement dit, en cas d’allergie croisée, abandonner votre animal ne résoudra en rien vos problèmes d’allergie. Ils reviendront tôt ou tard.

Quoi qu’il advienne, vous devez donc commencer par prendre le temps d’éliminer un maximum de causes possibles dans votre environnement immédiat pour limiter les expositions futures aux allergènes. Ce qui suppose qu’au lieu d’éliminer l’animal de votre environnement, vous commenciez par vous attaquer au reste. N’hésitez pas à vous faire tester pour bien vérifier ce à quoi vous êtes allergique et par vous faire aider, le cas échéant.

Pour réussir à éliminer les réactions allergiques, voici trois points importants.

Améliorez votre environnement

menage

  1. Aménagez-vous un espace anti-allergène. La chambre, par exemple. En empêchant l’animal d’y accéder, vous pouvez vous assurer 8 heures de tranquillité. Vous pouvez utiliser des oreillers hypoallergéniques, et changer les draps très régulièrement. Vous vivez dans un studio ? Utilisez un couvre-lit suffisamment bien fixé pour que votre furet ne passe pas dessous. Et retirez-le avant de vous coucher. N’hésitez pas à le laver très souvent (pas le furet, hein, le couvre-lit).
  2. Évitez les nids à poussière. Les tapis, rideaux, etc. sont des usines à allergènes. Si vous ne voulez pas vous en séparer, nettoyez-les très régulièrement. Le coton peut se nettoyer à haute température, préférez-le au synthétique. Posez des rideaux qui passent en machine.
  3. Passez l’aspirateur ! Et souvent. Les aspirateurs sont équipés de filtres anti poussière et éliminent les poils d’animaux plus efficacement que le balais.
  4. Si les test révèlent une allergie croisée avec la pollution atmosphérique, vous pouvez installer un purificateur d’air, ou une VMC.
  5. Utilisez des sprays anti allergène si votre médecin le recommande.
  6. Nettoyez la litière de votre furet tous les jours. Si vous utilisez de la litière pour chat, choisissez une litière sans poussière et sans parfum. Pour limiter les risques d’allergie à l’urine, lavez-vous les mains avant et après, et portez des gants que vous ne réserverez qu’à cet usage. PAS DE PAILLE pour le furet ! C’est aussi allergène pour vous que ça l’est pour lui.
  7. Lavez très régulièrement les dodos de votre furet et optez pour une cage qui se nettoie très facilement. Cela vous permettra d’éliminer un maximum d’allergènes sans avoir à jeter le furet.
En gros et en très résumé : faites le ménage !

Prenez soin de vous

  1. Si vous le pouvez, appelez du renfort pour le ménage et le nettoyage des accessoires de votre animal. Si pas de renfort à l’horizon, prévoyez des gants et éventuellement un masque si votre allergie est respiratoire.
  2. Lavez-vous les mains après avoir manipulé ou papouillé (de pas trop près) votre furet. Et ne vous touchez surtout pas le visage tant que les mains ne sont pas lavées. Votre nez gratte ? Il attendra que vous ayez les mains propres.
  3. Si cela ne suffit pas, changez-vous avant et après. Adoptez des vêtements faciles à nettoyer que vous réserverez à votre compagnon. Pour info, les furets sont gagas de la polaire et du tricot. Mais un vieux jogging ça marche aussi et c’est très facile à enfiler.
  4. Le médecin traitant ou l’allergologue pourra vous donner des traitements antihistaminiques. Si la désensibilisation existe pour les chats et les chiens, elle n’existe pas encore pour le furet.
Et si votre allergologue n’a rien d’autre à proposer que d’abandonner votre animal, changez-en !

 

Quand c’est possible, décontaminez l’animal

Dans certains cas, et pour certains animaux, on vous conseillera de laver votre animal de compagnie avec un shampoing adapté et de le brosser dans un lieu très très aéré aussi souvent que possible. Ceci ne peut évidemment pas s’appliquer au furet. Et le bain est très vivement déconseillé pour un chat.

sebum
Exemple de traces d’excès de sébum : orange au-dessus du museau, et un petit dépôt marron au niveau de l’oeil

Baigner un furet ne sert strictement à rien. En fait, si, ça active la production de sébum et risque d’empirer votre allergie si ledit sébum est désigné coupable. Et c’est un cercle vicieux : plus vous allez laver votre furet, plus il va produire de sébum, au point d’avoir des taches orangées sur le pelage, voire des dépôts noirs. Beaucoup vous diront qu’il faut le laver une fois par mois pour éliminer son odeur. En fait, on n’a pas non plus fait d’étude sur le sujet, mais il y a de fortes chances qu’un furet qu’on baigne régulièrement ait une odeur plus forte qu’un furet qu’on laisse tranquille, sauf, bien sûr, en période de rut.

Enfin, ça reste à voir. Mais mes furets sentent plus l’adoucissant que la vieille chaussette sale. Et il ne me viendrait jamais à l’idée de les baigner.

 

 

 

 

 

 

 

Tout ça pour dire… Vous n’avez pas à choisir entre votre santé et votre fufu d’amour. Sauf dans des cas très rares et extrêmes, où de toute façon la personne allergique renoncera très probablement à adopter un animal avant même d’en avoir envie, parce qu’elle est déjà allergique à beaucoup de choses.
Et ça m’arrange de ne pas avoir à choisir entre moi et ma troupe, vu qu’il y a de fortes chances que je sois allergique à la salive ou au sébum de mes furets. Pas de diagnostic avéré, juste un peu d’urticaire après léchouilles au visage. Et beaucoup d’urticaire lorsqu’on dormait dans la même pièce… Enfin, quand on dormait dans la même pièce et qu’ils squattaient le lit avec nous. Avec quelques précautions, ça disparaît. Ça revient de temps en temps lorsque j’arrête de prendre des précautions.
Autrement dit, on vit très bien avec le rhume des foins sans pour autant décider d’éliminer tous les espaces verts, pourquoi abandonner un animal pour allergie ? Vous n’avez plus aucune excuse maintenant, aimez-le, le fufu d’amour 😉
  1. Cet article est une adaptation de l’article de l’ASPCA (la SPA américaine) et de plusieurs autres sources. Vous pouvez consulter l’article original : https://www.aspca.org/pet-care/are-you-allergic-your-pet ; Many thanks to them for that great article !  []
  2. Si vous voulez en savoir plus sur les mécanismes de l’allergie, vous pouvez commencer par l’article Wikipedia []
  3. Source : https://www.pet-allergy.org/en/list/other-pets/show/9 , l’article insiste bien sur le fait qu’on est pas obligé de se séparer de son furet… Ouf ! Ça me soulage !  []
  4. Source : Doctissimo, prévention des allergies  []

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